logologo

Episode 32 : Des autoportraits à nos émotions

Plus de Capillotractage ?
Voir les autres épisodes
Plus d'art ?
Voir la photo de l'épisode
Plus de philosophie ?
Lire l'extrait associé
du livre ConSciences
 
 

Si la vidéo ne s'affiche pas, mettez à jour votre navigateur internet. Internet Explorer 9.0 - Safari 5.1.7 - Firefox 29.0.1 - Chrome 27.0 requis au minimum.
Vous pouvez télécharger cet épisode en faisant un clic droit "enregistrer la cible du lien sous" sur ce lien. Ce fichier H264/MP4 est lisible avec le logiciel gratuit VLC.

Et vous qu'imaginez-vous ?


Auteur : Adresse E-mail :

Le texte de l'épisode

Nos proches sont capables de reconnaître en nous des émotions que personne n’a perçues, et parfois même pas de nous. Est-ce pour autant des signaux imaginaires ? En tant que photographe de l’invisible, je devais en avoir le cœur net.

Je vais donc utiliser la synthèse différentielle, procédé que j’ai mis au point en 2010. En imagerie numérique, chaque point de l’image est représenté par des chiffres proportionnels à la quantité de lumière. Ainsi je peux réaliser des opérations mathématiques entre les images.

La synthèse différentielle consiste en la soustraction de deux images. Sur cette première, ce pixel vaut 144. Et sur cette deuxième, la même valeur. 144 - 144 = 0, zéro qui veut dire pas de lumière, le pixel est noir. Par contre, ce qui a bougé est particulièrement visible.

Cela fonctionne aussi en vidéo ! Il suffit de soustraire les images retardées d’une seconde au flux vidéo direct. On perçoit alors le potentiel de la synthèse différentielle à révéler des mouvements invisibles à l’œil nu. Une simple respiration fait que ma tête monte et descend.

Mais pour mon étude, il n’était pas question que ma tête bouge, alors j’ai réalisé ce coffrage de plâtre moulé à la forme de ma tête. Placé sous l’appareil photo, il ne me reste plus qu’à m’allonger à l’horizontale.

Notre apparence est bien modifiée par des émotions. Mes yeux s’écartent lorsque je songe. Ma lèvre supérieure change de couleur lorsque je suis contrarié. Mais ces particularités sont-elles la preuve de quoique ce soit ? N’ai-je pas déjà assez prouvé que les apparences étaient trompeuses, que nos sens étaient les témoins partiels de la réalité et que même notre logique pouvait nous faire défaut ?

Et alors ?

C’est comme si la seule vérité possible était celle de notre cœur ! Supplanter nos ressentis par la rationalité ? Ce serait la pire erreur à faire pour perdre notre humanité. Même si elles peuvent naître d’une fausse interprétation, les seules choses dont nous ne pouvons pas douter, ce sont bien nos plus vives émotions.